Pays invité de la 39e édition de Cinélatino, Rencontres de Toulouse, le Guatemala sera au cœur d’un focus exceptionnel consacré à une cinématographie en plein essor, au moment où se dessine enfin un nouvel écosystème institutionnel en faveur du cinéma Cinélatino invite le cinéma de ce pays qui s’affirme comme un espace de création, de mémoire et de résistance. De nouvelles générations de cinéastes et d’artistes portent des récits qui interrogent l’histoire, les identités, les violences, les rapports de pouvoir et les luttes pour les droits des peuples.
Au Guatemala, de nombreux et nombreuses artistes et professionnel·les du cinéma déploraient jusqu’à maintenant l’absence du soutien institutionnel, qui avait ralenti ou entravé la création, la production, la diffusion et la circulation des œuvres. Depuis 2007, la mobilisation de l’ensemble de la filière et des associations professionnelles a progressivement fait émerger un projet structurant : celui d’une véritable politique publique en faveur du cinéma.
Cette mobilisation collective entre aujourd’hui dans une phase décisive avec une proposition de loi sur le cinéma, qui pourrait notamment permettre la création d’un Institut guatémaltèque du cinéma. Cette nouvelle institution doit apporter un soutien durable à l’ensemble de la filière et favoriser la circulation des œuvres, les collaborations internationales et le rayonnement du cinéma guatémaltèque à l’étranger.
Un cinéma qui sait résister
Mettre le Guatemala à l’honneur, c’est célébrer l’essor d’une création cinématographique qui s’est frayé un chemin dans un contexte particulièrement difficile. Le pays a été marqué, jusqu’à une période récente, par les dictatures, la guerre civile et de profondes fractures sociales. Aujourd’hui encore, les inégalités, les violences et les discriminations constituent une réalité pour une partie de la population.
Pourtant les cinéastes avec les professionnel.les ont su trouver des voies et des moyens pour que se développe une cinématographie originale, empreinte de la réalité guatémaltèque.
D’ailleurs, depuis quelques années, les films et les cinéastes guatémaltèques acquièrent une visibilité croissante sur la scène internationale. La Caméra d’or à Cannes pour Nuestras madres de César Díaz, le Prix Alfred Bauer à la Berlinale pour Ixcanul de Jayro Bustamante, les prix GdA et Fedeora aux Venice Days pour La Llorona témoignent de cette reconnaissance. Plus récemment, Madrugada de Sebastián Lojo a été sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes en 2026, tandis que Nosotros de Joaquín Ruano figure dans la sélection du Festival international du film de Toronto en 2026.
Le documentaire témoigne lui aussi d’une création particulièrement dynamique, portée notamment par de nombreuses réalisatrices. L’IDFA Project Space accompagne ainsi plusieurs projets liés au Guatemala, parmi lesquels Paper Tower de Laura García-Cordón, The Pulse of the Volcanoes d’Anaïs Taracena et Black River d’Anna-Sophia Richard.
Le Guatemala, pays invité et fil rouge de la 39e édition de Cinélatino
Pour sa 39e édition, Cinélatino, Rencontres de Toulouse souhaite accompagner et faire connaître le développement actuel du cinéma guatémaltèque, aussi bien dans sa programmation que dans sa plateforme professionnelle.
Un focus dédié dans son ensemble à ce cinéma veut en présenter les nombreuses facettes, la dynamique, les initiatives qui permettent aujourd’hui son développement ainsi que celles et ceux qui le mettent en œuvre. Le comité de programmation explore de multiples ressources : aux côtés des films les plus connus et reconnus nationalement et internationalement, ceux qui ont marqué ces vingt dernières années, le programme s’attache à dévoiler des expériences filmiques, des œuvres collectives, des travaux très récents. Une attention particulière est accordée au cinéma autochtone, qui contribue à faire entendre des voix longtemps marginalisées et à renouveler en profondeur les représentations du pays.
À travers une programmation dédiée et un important volet professionnel, Cinélatino propose notamment un guide de coproduction, un webinaire avec le CNC consacré à l’Aide aux cinémas du monde, une table ronde autour des échanges de bonnes pratiques et des rencontres de coproduction. Le festival donne également à voir la diversité et la vitalité de cette création en présentant des projets à différentes étapes de leur développement et en mettant en lumière les producteur·rices et réalisateur·rices qui construisent le cinéma guatémaltèque de demain.
En consacrant son focus au Guatemala, Cinélatino entend offrir une visibilité locale, nationale et internationale à une cinématographie qui se construit, se mobilise et affirme avec force la nécessité de raconter ses propres histoires.
Ce choix s’inscrit pleinement dans l’histoire et les engagements du festival. Lieu de rencontres professionnelles et de coopération, permettant aux cinéastes, producteur·rices, distributeur·rices et institutions de construire des passerelles entre les deux continents, Cinélatino accompagne la circulation des œuvres en France et à l’international.
Cette invitation prend un sens d’autant plus fort dans un contexte latino-américain où la progression des droites et des extrêmes-droites fait peser de nouvelles menaces sur les libertés, la pluralité des expressions et les droits des peuples
Le Guatemala pays invité de Cinélatino, Rencontres de Toulouse : un grand cinéma qui émerge, une filière qui se renforce, des voix qui s’affirment.









