Orlando Senna, compagnon de la première heure de Cinélatino

Orlando Senna nous a quittés. Cet acteur primordial de la culture brésilienne, né dans l’Etat de Bahía au Brésil en 1940, avait  de longue date accompagné les Rencontres toulousaines. Sa trajectoire est très importante pour la culture brésilienne : écrivain, journaliste, dramaturge, professeur, gestionnaire culturel spécialiste de l’audiovisuel, il a occupé des postes importants d’où il a renforcé l’audiovisuel public (cinéma et télévision) et les politiques culturelles brésiliennes. Il était très lié au Cinema Novo, il a toujours défendu la culture comme un instrument de transformation sociale et une production audiovisuelle en relation avec la diversité brésilienne et les défis sociaux de son pays et de l’Amérique latine.

Il a dirigé la Secrétairerie nationale de l’audiovisuel, a participé à la création de TV Brasil dont il a été directeur général. Il a aussi dirigé le Centre de dramaturgie de l’institut Dragão do Mar à Fortaleza, a présidé Televisión América Latina (TAL), a été directeur de programmation de CineBrasilTV et participait à deux conseils de la Fundación del Nuevo Cine Latinoamericano et à Spcine. Avec Gabriel García Márquez et Fernando Birri, il a fondé l’École Internationale de Cinéma de San Antonio de los Baños (EICTV)  à Cuba, qu’il a dirigée de 1991 à 1994 et qui reste une référence internationale pour la formation cinématographique.

Quelques titres de cinéma qui lui doivent énormément : en 1969 il réalise son premier long métrage, A Construção da Morte, puis il a coréalisé avec Jorge Bodansky l’emblématique Iracema, uma transa amazônica (1975) et Gitirana (1976), et il a réalisé Diamante bruto (1975) où son épouse Conceição Senna avait le premier rôle féminin. Il a écrit les scénarios de O rei da noite d’Héctor Babenco (1975), avec Chico Buarque Opera do malandro de Ruy Guerra (1985).

Avec tout cela, c’était un homme amène et discret, ferme dans ses convictions et extrêmement chaleureux et sympathique, qui a vécu avec sa femme, Conceição, actrice, une relation de couple épanouie et joyeuse, et qui a soutenu le festival toulousain depuis le départ. En effet, il a fait partie de cette aventure bien avant que Cinélatino ne s’appelle Cinélatino, quand c’était « Les Rencontres » : Il a écrit des articles pour la revue Cinémas d’Amérique latine n° 0, 1, 2, 3, 12 et plusieurs fois il est venu au festival. En 1997, pour les 9èmes Rencontres,  il participé à la table ronde « Le cangaço et les cangaceiros dans le cinéma brésilien », en 2003, pour les 15èmes, il a présidé le jury du Grand Prix Coup de Cœur. C’est donc une longue histoire d’amitié et de travaux partagés qui nous restent de lui, car rien de tout ça n’est perdu au contraire ! Il reste dans nos mémoires et dans notre histoire qui continue grâce à tou.tes celleux qui y participent depuis le tout début, de ce côté et de l’autre de l’océan.

À sa famille et ses proches, l’ARCALT adresse ses condoléances les plus sincères.

Merci Orlando pour avoir été notre compagnon de route et pour tout ce que tu nous as donné, à Cinélatino, au Brésil, à l’Amérique latine. ¡Hasta siempre !